Dans la fonction publique, s’absenter de son service de manière prolongée et sans justification constitue un abandon de poste. Cette situation est l’une des fautes les plus graves pour un agent, qu’il soit fonctionnaire titulaire ou contractuel. Contrairement au secteur privé où cela peut aboutir à un licenciement, les conséquences dans le public sont bien plus radicales : l’abandon de poste est interprété par l’administration comme une volonté claire de rompre le lien qui vous unit au service public. Cette décision entraîne donc une procédure spécifique qui a des implications directes sur vos droits, notamment en ce qui concerne l’assurance chômage.

Abandon de poste : quelle est la procédure engagée par l’administration ?

Lorsqu’un agent public ne se présente plus à son poste sans motif valable, l’administration ne procède pas à un licenciement, mais enclenche une procédure visant à constater la rupture du service. La première étape consiste à vous adresser une mise en demeure. Ce courrier, envoyé en recommandé avec accusé de réception à votre dernière adresse connue, vous ordonne de reprendre votre travail dans un délai précis et vous informe des risques que vous encourez. C’est votre dernière chance de régulariser votre situation ou de justifier votre absence.

Si vous ne donnez aucune suite à cette mise en demeure, l’administration considère votre silence comme une manifestation de votre volonté de quitter définitivement la fonction publique. Elle prend alors un arrêté de radiation des cadres (pour les fonctionnaires) ou met fin au contrat (pour les agents contractuels) pour abandon de poste. Cette décision met fin à votre carrière au sein de cette administration et vous perdez votre statut de fonctionnaire.

Abandon de poste : quelle est la procédure engagée par l'administration ?-C3 Challenge

L’abandon de poste ouvre-t-il droit aux allocations chômage ?

La réponse est malheureusement non ! L’abandon de poste est considéré par France Travail comme une privation volontaire d’emploi. L’agent qui ne répond pas à la mise en demeure est présumé démissionnaire. Dans ce cadre, tout comme une démission classique dans le secteur privé, cette situation n’ouvre aucun droit au bénéfice des allocations d’aide au retour à l’emploi (ARE).

En choisissant cette voie, vous vous retrouvez non seulement sans emploi, mais aussi sans aucun revenu de remplacement. L’administration n’est pas tenue de vous verser d’indemnité de licenciement et vos droits au chômage ne sont pas activés.

Quelles sont les conséquences financières et professionnelles ?

Opter pour un abandon de poste dans la fonction publique est une décision aux répercussions lourdes et immédiates. Dès la constatation de l’absence injustifiée et avant même la fin de la procédure, le versement de votre rémunération est suspendu. Vous ne touchez donc plus de salaire. De plus, vous perdez tous les avantages liés à votre statut comme l’accumulation de droits à la retraite pour la période d’absence ou les congés, ou encore l’accès aux prestations sociales telles que :

  • les chèques-vacances ;
  • certaines aides financières ;
  • la mutuelle subventionnée.

Sur le plan professionnel, une radiation pour abandon de poste peut compliquer un futur retour dans la fonction publique. Même si cela ne vous interdit pas de passer de nouveaux concours, cette mention dans votre dossier administratif peut être un désavantage. En somme, il s’agit d’une solution à proscrire, car elle vous place dans une situation de grande précarité financière et administrative, sans les filets de sécurité habituels comme l’assurance chômage.

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Emilie Rousseaux

Formatrice et rédactrice passionnée, Emilie offre des conseils pratiques pour optimiser la carrière et le business de nos lecteurs.

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